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Quand le contre-batteur assure le battage !

Le contre-batteur est, avec le batteur, l’élément clé d’une moissonneuse-batteuse. Pour que la moissonneuse-batteuse soit performante et la récolte de qualité, celui-ci doit être adapté à la culture et respecter des caractéristiques très précises.

Un contre-batteur mixte n’a jamais assuré de meilleures performances qu’un contre-batteur spécifique.

Il en existe différents types :

Prendre en compte le passage entre fils

Si la sole de la ferme comprend très majoritairement des céréales et du colza, un contre-batteur de type « céréalier » est à privilégier. Pour les grandes surfaces de maïs, de féveroles et de grosses graines de manière générale, les fils du contre-batteur doivent être plus largement espacés.

Pour les modèles spécifiques céréales le passage entre fils varie selon les constructeurs de 5 à 11 mm. Ces derniers sont donc tout à fait performants pour les mélanges céréales/protéagineux.

Pour les modèles de type « maïs », le passage pour le grain est de 17 à 20 mm. Au-delà, les rafles peuvent coincer et aveugler totalement le contre batteur.

Les « mixtes » – aussi appelés « universels » – ont en général un passage de 18 jusqu’à 24 mm. Toutefois, sous certaines conditions de battage difficile, ces derniers génèrent énormément d’imbattus et d’impuretés.

Contre-batteur type « maïs » (Ø de fil 6 mm – entre fils 18 mm)

En conditions très productives voire plus difficiles, les écarts se creusent en faveur de l’équipement spécifique. Plus on s’écarte des conditions optimales de récolte (humidité du grain, maturité de la paille, etc.), plus les différences entre les équipements vont s’accentuer. La bonne détermination du contre-batteur est donc primordiale lors de l’achat d’une moissonneuse-batteuse, ou lorsque celui-ci doit être changé. Ce choix doit être adapté à l’assolement de l’exploitation.

Pas d’aveuglement, ni d’ébarbeurs

En plus de réduire l’efficacité du battage, un mauvais choix de contre-batteur incite très souvent à l’usage d’artifices pour améliorer le battage. C’est notamment le cas des tôles d’ébarbage. Si elles ébarbent, elles sont néfastes au débit de chantier en aveuglant une partie du contre-batteur. Les essais menés le montrent. C’est d’autant plus aberrant que la majorité des machines d’occasion bien réglées peuvent se passer de cet équipement. Indéniablement, les moissonneuses-batteuses sont nettement plus simples à régler quand elles sont équipées du bon contre-batteur.

Le contre batteur démontable assez facilement

Toutes les machines ne sont pas égales face au changement de contre-batteur. Historiquement, les moissonneuses non-conventionnelles offrent une plus grande accessibilité à cet équipement. À sections souvent, le contre-batteur se monte et se démonte aisément. Cependant, l’accessibilité au contre-batteur demande de l’astuce décrite dans les manuels d’utilisateur. Si certaines gammes demandent à peine une demi-heure pour changer d’équipement, d’autres nécessitent plus de temps. Pour les machines conventionnelles, il faut quasi-systématiquement démonter le convoyeur pour accéder au contre-batteur. Prenant en compte les besoins des clients, les constructeurs ont fait de gros efforts pour remédier à ces contraintes.

L’agressivité des contre battes : essentielle

Elles doivent être de section carrée donc agressives : l’assurance d’un bon débit de récolte et d’une bonne qualité de grain. En s’usant, les contre-battes génèrent de plus en plus d’imbattus et un défaut de serrage qui influencent par conséquent les réglages. Si on peut juger l’état des contre-battes en comparant le côté sollicité avec celui situé à l’opposé, leur durée de vie, donc celle du contre-batteur, est approximativement égale à la durée de vie de trois jeux de battes. On considère que les battes sont à changer à partir de 3 mm d’usure, soit 700 à 800 h de battage, pour un usage céréalier en France. Il peut même être nécessaire de changer le contre-batteur au bout de 1700 à 2 000 h de bons et loyaux services en conditions difficiles (céréales humides ou maïs).

Entre 1700 à 2 000 h de récolte de céréales, il est souvent temps de changer de contre-batteur dont les contre-battes se sont arrondies, d’où une perte de performance parfois mesurée à 30% !

La hauteur des contre-battes par rapport aux fils est en général supérieure à 6 mm, c’est ce qui permet une bonne charge et une friction efficace pour battre des épis.

La hauteur minimum de 6 mm des contre- battes est fondamentale pour l’agressivité.

L’autre critère de jugement d’un bon contre-batteur est le nombre de contre battes. Elles sont espacées de 35 à 45 mm, soit un nombre entre 12 et 18 pour un enveloppement de batteur de 60 cm de diamètre, plus de 28 contre battes pour des enveloppements de batteur de 75 cm.

La performance de battage tient au nombre de contre-battes.

Le contre-batteur adapté et en excellent état permettra d’optimiser le serrage avec le batteur, gage de performance de la machine.